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Chapitre 18

Chapitre 18: Chansons.Sefirat Haomer et fin de la Haggada

Ki Lo Nae (C'est donc à lui que l'on doit des louanges)

C'est un chant populaire d'un auteur inconnu, composé probablement au Moyen-âge, en France ou en Allemagne. Un certain nombre de spécialistes l'attribue au Rabbin Elazar Ha-Kalir, auteur d'autres cantiques religieux. Les phrases bibliques qui sont incluses dans ce poème en acrostiche alphabétique, sont des citations des Psaumes, du Deutéronome, de Jeremy, Job, Isaïe et des Chroniques.

C'est un cantique religieux qui apparaît dans la Haggadah, mais il n'a aucun rapport avec l'essence de Pessah'. On croit que c'est une des chansons qui était chantée pendant le dîner festif en Allemagne, en Italie et en Angleterre au 13ème siècle.


Adir Hou (Il est puissant)

Ce poème est composé en acrostiche et la mélodie est d'un auteur inconnu. Sa popularité remonte à plusieurs siècles. Son sujet est la restauration prompte de Sion, symbolisée dans la reconstruction du Temple. Ce cantique n'était pas propre au Seder de Pessah' et était généralement chanté lors de fêtes et de moments heureux.
Dans les haggadot ashkénaze du 14ème siècle, il apparaît immédiatement après Ki lo naé. Il est possible que l'un aille à la suite de l'autre à cause des ressemblances dans le contenu et dans la structure.


Ehad Mi Yodea (Qui sait 'un' ?)

C'est un poème infantile écrit en hébreu avec certaines expressions en araméen, d'un auteur anonyme, mentionné dans un sidur manuscrit de l'année 1406 qui se réfère à un parchemin du Beth Hamidrach de Rabbi Elazar Rokeah de Worms. On avait l'habitude de réciter ce poème chaque samedi et pendant les sept jours de la célébration d'un mariage dans des communautés italiennes.

Son origine ne correspond pas précisément à la littérature juive. Le modèle a été pris d'autres peuples de l'Orient et de l'Occident et de la vie champêtre. Il est possible qu'il ait été pris d'un type de poésie allemande appelée Hobelbanklied.

Cette chanson comportant des contes cache un mystère : pourquoi Israël a été racheté ? La réponse est donnée par les mérites atteints et par ceux qu'il reste à atteindre. Les enfants des patriarches ont accepté la Torah et ont choisi d'être loyaux envers leur engagement avec Dieu.

Qui sait 'un'? L'unicité de Dieu est la pierre fondamentale, comme elle s'exprime dans le Chema : "Entends Israël... Adonaï est un".

Qui sait 'trois' ? Le nombre trois se répète dans la Bible : trois parties de la Bible (Torah, les Prophètes, les Écritures), trois patriarches (Abraham, Isaac, Jacob), trois rois (Salomon, David, Shlomo), la communication entre Dieu et son peuple a été effectuée par Moïse, Aaron et Miriam.

Qui sait 'dix' ? Un autre nombre mystérieux : il y a dix fléaux et il y a aussi dix commandements.

Qui sait 'treize' ? Treize est la valeur numérique du mot hébreu UN (ehad). Cela nous conduit à nouveau à la première strophe de cette chanson de contes l'Unicité de Dieu.


Had Gadia (Un chevreau, un seul chevreau)

C'est une allégorie du destin d'Israël entre les nations. C'est un poème infantile écrit en araméen qui inclut des expressions hébraïques, mentionné dans un sidur manuscrit de l'année 1406 qui prend comme référence un parchemin du Beth Hamidrach de Rabbi Elazar Rokeajh de Worms.

La structure de ses vers est similaire à celle de la poésie allemande. Le thème central est l'existence d'un Jugement et d'un Juge. On interprète que le père est Dieu, le chevreau est Israël et les deux monnaies sont les Tables de la Loi ; le chat symboliserait l'Assyrie ; le chien, Babylone ; le bâton, la Perse ; le feu, Alexandre de Macédoine ; l'eau, les Romains; le bœuf, les Ismaélites ; le tueur, les croisés et l'ange de la mort, la Turquie.

Lorsque l'œuvre se termine, la mort meurt, maudite pour toujours. Le Seder se termine avec joie et avec une vision optimiste de la vie. Il ne s'agit pas d'une simple chanson infantile de cause à effet, de crime et de punition. Par conséquent, nous pouvons inférer que le chevreau unique est Israël, acquis par Dieu par deux sousim (deux tables de la loi ou Moïse et Aaron).

A partir de cela, le récit est une liste d'oppresseurs ordonnés chronologiquement : Assyrie (chat), Babylone (chien), Perse (bâton), Grèce (feu), Rome (eau), les Sarrasins (bœuf), croisés (chohet), Ottomans (ange de la mort). Il ne s'agit pas d'une simple chanson infantile de cause à effet, de crime et de punition.


Sefirat Haomer (Le compte de l'Omer)


Pendant les services du soir à partir de la seconde nuit de Pessah', on commence à compter l'Omer (gerbe), pendant une durée de quarante-neuf jours, jusqu'à la nuit précédant Chavouot.

La bénédiction est :
"...Barouh ata Adonaï, Eloheinou Meleh Haolam, acher kidchanou bemitsvotav vetsivanou al sefirat haomer: haiom yom ehad laomer..."

Je suis disposé à accomplir le précepte du compte de l'Omer, comme il est écrit dans la Torah (Lévitique 23:15) et "vous compterez à partir du jour suivant la fête, jusqu'au jour où vous offrirez l'Omer, sept semaines complètes, jusqu'à terminer la septième semaine, vous compterez cinquante jours". 
"Bénis sois-tu, Adonaï, notre Dieu, Roi de l'Univers, qui nous a sanctifiés avec Tes préceptes et nous a ordonnés de compter l'Omer".

L'Omer était une offrande composée des premiers épis d'orge collectés à cette saison, qui était apportée au Temple de Jérusalem le 16 de Nissan, en signe de reconnaissance et de remerciement à Dieu pour nous avoir bénis avec le fruit de notre travail. La cérémonie de la collecte de l'Omer avait lieu à la fin du premier jour de Pessah' et était effectuée par les envoyés des autorités rabbiniques. Tous les habitants des hameaux et villages voisins au lieu de la collecte, assistaient à la cérémonie, car elle avait un caractère public.

Une fois l'Omer offert, le village était autorisé à commencer les travaux d'achat et de vente de la nouvelle récolte et les habitants se dirigeaient vers les marchés de Jérusalem, heureux d'avoir accompli le précepte de l'Omer.

Le compte de l'Omer marque l'anniversaire du départ de Mitzraim (Pessah') et l'anniversaire de l'arrivée au Sinaï et la remise de la Torah.

Selon Rambam, l'importance de raconter les jours entre l'exode d'Egypte et l'anniversaire de la remise de la Torah sur le Mont Sinaï, réside dans le fait d'indiquer que se libérer de l'esclavage n'est pas une fin en soi et que la liberté sans loi est une bénédiction douteuse.

Dans le Pessah'im 10, Menahot 66 :
Comment se fait l'Omer? Envoyés du jugement, ils sortent depuis les veilles de la fête et ils font des petits tas alors qu'ils sont encore attachés à la terre, pour que ce soit plus facile de le couper. Tous les hameaux proches se réunissent à cet endroit pour que l'acte se réalise avec une grande fête. Lorsque la nuit tombe, le moissonneur dit :
- Le soleil s'est-il couché ?
- Oui - lui répondent-ils.
- Avec cette faux ?
- Oui - lui répondent-ils.
........................................... - Couperai-je ?
- Coupe.
Ils le coupent, l'unissent et l'apportent dans la cour du Temple. Là, ils le font cuire au feu dans un récipient. Ensuite, ils l'étendent dans la cour et le vent souffle dessus et le nettoie. Puis, ils le moulent et le purifient.


Hasal (Notre Seder s'est terminé) et Lechana Habaa Birouchalaim (L'année prochaine à Jérusalem)

Ce cantique apparaît seulement au XI ème siècle. Il exprime qu'une fois que les préceptes et les coutumes sont accomplis, tels qu'ils doivent être célébrés, on a le droit à une requête : "comme nous avons tout accompli, nous concédons de le célébrer aussi dans l'avenir et conduis-nous bientôt, rédimés et heureux à Sion". "Ken nizke laasoto" (qu'il nous soit aussi concédé de le célébrer dans l'avenir) a été ajouté seulement au XIV ème siècle.

Lorsque le Seder se termine, on se souhaite les uns les autres Lechana habaa birouchalaim habnouia. Le désir de voir la ville de Jérusalem reconstruite synthétise le désir de paix et d'espoir d'un monde meilleur.

Activité

Objectifs :

  • Connaître et comprendre les textes : Ki lo naé, Adir hou, Ehad mi iodea, Had gadia, Hasal, Lechana habaa.
  • Exprimer musicalement ces paragraphes de la Haggadah.


Développement :

Le coordinateur expliquera brièvement le contenu et le symbolisme des chansons que l'on a l'habitude de chanter lors de la nuit du Seder de Pessah'.

Il répartira des photocopies, des haggadot ou des chironim comportant ces chansons et avec l'aide d'instruments de musiques, ils formeront un chœur avec une orchestration. Les participants devront apprendre les paroles et les musiques correspondantes pour les présenter le soir du Seder de Pessah' communautaire.

Il est aussi possible d'effectuer une compétition de chansons par équipes, en utilisant toutes les chansons de la Haggadah.

Temps : 1 heure

Matériaux :

  • Photocopies,
  • haggadot ou chiron de Pessah',
  • instruments de musique.

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